“ Un évènement co-produit par les associations CLAFOOTI (Silent MOVE) & AADN, les Nuits Sonores (Arty-farty) et le GRAME, lors du Circuit Electronique 2009 des Nuits Sonores – 3 concerts electro-acoustiques diffusés sur 20 enceintes dans le Grand Temple Protestant de Lyon et une multi-diffusion vidéo en temps réel sur 2 écrans. ”
[SACRED] est une installation-performance qui questionne la notion du sacré dans nos sociétés modernes à travers trois lives multidiffusés et une performance vidéo.
Ce dispositif s’organise autour de la problématique du sacré :
- A travers le choix du lieu de culte : projet in situ pour questionner la fonction primitive de ce lieu.
- A travers l’installation audiovisuelle qui favorise la déambulation et la contemplation ; multidiffusion, multiprojection.
- A travers les concerts-performances : le temps réel, l’interprète et les artistes évoquent par leurs pratiques celles des shamans ou des organistes (appel à la prière, à la méditation…).
- A travers son écriture esthétique chaque artiste s’emparera de ce sujet et en fera sa propre interprétation.
- A travers la transversalité des pratiques et des codes esthétiques : rencontre entre l’électro, l’électroacoustique, l’acousmatique, musique concrète et images.
La rencontre entre l’installation visuelle et l’espace acoustique incite le spectateur, soit à déambuler dans le lieu pour découvrir un univers singulier, où les sens sont maintenus en éveil ; soit à écouter les performances sur des sièges confortables (transats, poufs, matelas, …). Et découvrir un espace voué à la prière et à la méditation, soudainement transformé en espace artistique original. Une véritable passerelle entre le monde profane et la religion, tous dirigés vers une seule direction : l’Absolu…
La musique, l’image et l’art en général ont toujours été lié au sacré dans son sens large : recherche de félicité, de transe, de communion et de cohésion autour d’une culture commune. Les fêtes, les célébrations et les hommages sont autant de rituels qui ont permis aux civilisations de grandir et d’exister…
Toutes ces sociétés humaines et civilisations des plus primitives aux plus modernes ont ainsi construit des cultures à travers un besoin vital d’Art et une conception intrinsèque du sacré. Ainsi, la culture électronique n’échappe pas au sacré : la musique des raves, qui est un des aspects de cette culture protéiforme, a souvent été comparée à celle des rites tribaux ; dans les deux cas l’individu recherche la transe. Dans les musiques dites savantes et leurs nombreuses écoles ou tendances se trouve une multitude de compositeurs qui ont travaillé autour du sacré. Ce concept est sous-jacent dans les démarches même de recherche et de création.
Aujourd’hui, les musiciens – en quête d’expérimentations sonores & compositionnelles – utilisent des procédés scientifiques et techniques pour comprendre les fonctionnements, et les structures internes de l’immatérialité musicale. En se concentrant sur les questions formelles et en cherchant la déconstruction des codes existants favorisant de nouvelles voies et de nouveaux codes esthétiques voire de nouvelles écritures. Le compositeur quelque soit sa tribu stylistique est lié au sacrée à travers l’acte même de création. En quête de liberté il tente de se délester de ses propres influences.
Ainsi, le créateur, quelque soit son domaine de prédilection, entame de façon inconsciente, une quête pour la compréhension des mouvements immuables de son art et de la société dans laquelle il vit. Il est témoin de son temps, en accompagnant et parfois en anticipant les préoccupations civilisationnelles. Il touche de façon souvent inexplicable nos sens et nos consciences… Quoi de plus sacré ?
Une interview de ZEF, artiste et membre actif de Silent MOVE, accompagné du groupe AB OVO, est disponible en écoute sur ce lien. Ils présentent le jour même de l’évènement, la soirée [SACRED]…

![[SACRED]](http://www.silentmove.clafooti.net/wp-content/uploads/2010/10/sacredfly-e1305725767591-150x150.jpg)